Le commerce électronique dans l'industrie manufacturière
Par Vaisonet - Veille ecommerce, mardi 31 juillet 2007 à 08:01 :: Chiffres ecommerce :: #100 :: rss
Début 2006, 19 % des entreprises de 10 salariés ou plus ont vendu des produits ou des services via l’internet dans l’industrie manufacturière. Ces ventes représentent 4,3 % du chiffre d’affaires des entreprises industrielles, soit 33 milliards d’euros. Deux tiers de ces recettes proviennent des entreprises de 1 000 salariés ou plus. Les entreprises des équipements électriques et électroniques et de la pharmacie sont les plus en pointe en termes de poids dans le chiffre d’affaires. Si le système d’échange de données informatisé (EDI), support le plus ancien du commerce électronique, n’est adopté que par 12 % des entreprises pour la vente en ligne, la part de ces ventes reste largement prédominante : 20 % du chiffre d’affaires des entreprises industrielles, soit 148 milliards d’euros. En matière d’achat sur la Toile, les entreprises en France ont pris du retard par rapport à la moyenne européenne. Une entreprise industrielle sur quatre achète des produits ou services via l’internet. Ces achats représentent 6 % des achats globaux des entreprises industrielles, soit 33 milliards d’euros. Seul le secteur des équipements électriques et électroniques se distingue, avec un quart de ses achats effectués sur la Toile. Les achats effectués via l’EDI correspondent à 11 % des achats des entreprises, soit 60 milliards d’euros. Le secteur automobile effectue même 30 % de ses achats via l’EDI, les composants électriques et électroniques 18 %.
Tous secteurs confondus (hors services financiers), la vente de biens ou de services effectuée par voie électronique est pratiquée par 21 % des entreprises de 10 salariés ou plus en 2006. Parmi ces dernières, 16 % vendent leurs produits via l’internet, 7 % via l’EDI et 2 % utilisent les deux moyens électroniques.
Une entreprise industrielle sur cinq vend via l’internet
Dans l’industrie manufacturière, près d’une entreprise (de 10 salariés ou plus) sur cinq procède à des ventes de produits ou services sur la Toile, contre une sur six pour l’ensemble des secteurs marchands (hors services financiers). L’édition-imprimerie-reproduction (plus du tiers des entreprises), la chimie, la construction aéronautique, les équipements électriques et électroniques et le textile (plus du quart des entreprises) sont en pointe.
La propension à vendre sur la Toile augmente avec la taille de l’entreprise, mais de façon limitée. La proportion d’entreprises vendant des produits se situe autour de 20 % pour les entreprises entre 20 et 499 salariés. Les entreprises de 10 à 19 salariés (17 %) et celles de 1 000 salariés ou plus (31 %) s’écartent de la moyenne.
Stratégique, mais de mise en œuvre délicate et risquée, la vente via l’internet se développe progressivement. Le nombre d’entreprises concernées a doublé entre 2002 et 2006. Celles qui n’ont pas franchi le pas avancent comme explication l’inadéquation de leurs produits au commerce électronique ou l’insuffisante propension des clients à acheter sur la Toile.
Les ventes via l’internet : 4,3 % du chiffre d’affaires des entreprises
Dans l’industrie manufacturière, le total des ventes sur la Toile s’élève à 33 milliards d’euros, soit 4,3 % du chiffre d’affaires des entreprises en 2005. Ces ventes correspondent principalement à du commerce interentreprises (dit « Business to Business», ou B to B) mais aussi à du commerce électronique vers les particuliers (dit « Business to Consumer », ou B to C).
L’essentiel provient des transactions commerciales des grandes entreprises de 250 salariés ou plus : 27 milliards d’euros, soit 83 % des recettes des ventes sur la Toile. À elles seules, les entreprises de 1 000 salariés ou plus sont à l’origine de près des deux tiers des recettes. Le poids de l’internet dans les ventes est plus important dans les secteurs des équipements électriques et électroniques (13 %) et de la pharmacie-parfumerie-entretien (12 %).
Le montant des ventes de l’industrie manufacturière sur la Toile correspond à 37 % des recettes totales des ventes via l’internet, soit autant que les recettes additionnées des secteurs du commerce et des services aux entreprises. Au total, tous secteurs confondus (hors services financiers), la vente via l’internet a généré 87 milliards d’euros en 2005, soit 4 % du chiffre d’affaires des entreprises (tous secteurs).
Les entreprises françaises occupent une position moyenne en Europe
Au sein de l’Union européenne, les disparités dans le développement du commerce des entreprises industrielles via l’internet restent fortes mais les écarts entre grands pays sont limités. Avec 19 % des entreprises industrielles qui vendent des produits via l’internet, la France occupe le 10e rang, la moyenne européenne se situant à 14 %.
En niveau, les ventes via l’internet des entreprises industrielles françaises génèrent des recettes représentant 4 % de leur chiffre d’affaires. Au Royaume-Uni et en Allemagne, ces ventes représentent respectivement 8 % et 5 % du chiffre d’affaires de l’industrie manufacturière.
Ventes via l’EDI : surtout les grandes entreprises
À la fin des années quatre-vingt, la mise en place d’échanges de données informatisés (EDI) entre fournisseurs et acheteurs a permis les premières transactions commerciales dématérialisées. Aujourd’hui, 7 % des entreprises en France vendent des produits via l’EDI, essentiellement des grandes entreprises.
Dans l’industrie manufacturière, ce pourcentage passe à 12 % : seulement 6 % des petites entreprises de 10 à 49 salariés, mais 27 % des moyennes entreprises de 50 à 249 salariés et plus de 50 % des grandes entreprises. Ce taux place la France en deuxième position des grands pays de l'Union européenne, derrière le Royaume-Uni (34 %), qui dépasse largement les autres pays.
Le recours à l’EDI pour effectuer des ventes en ligne est particulièrement répandu dans la pharmacie (38 % des entreprises y ayant recours), dans l’automobile (23 %) et dans les industries agroalimentaires (19 %). Ces secteurs se caractérisent par l’importance et l’organisation poussée de leur réseau de distribution et par l’existence de transactions standardisées et répétitives.
Prédominance des ventes via l’EDI
Adopté par les plus grandes entreprises, l’EDI représente des montants de ventes très importants : 148 milliards d’euros dans l’industrie manufacturière, soit le cinquième du chiffre d’affaires de ce secteur en 2005. Ce montant correspond à plus de la moitié des recettes globales des ventes via l’EDI, tous secteurs confondus (hors services financiers), soit 287 milliards d’euros.
Les ventes via l’EDI réalisées par les entreprises des industries agroalimentaires atteignent 41 milliards d’euros, soit 35 % du chiffre d’affaires des IAA. La nécessité d’écouler des produits périssables pousse ces entreprises à développer les ventes électroniques, qui réduisent les délais de transactions. Dans la construction automobile, les ventes s’élèvent à 24 milliards d’euros, soit 21 % du chiffre d’affaires. Ces secteurs précèdent en importance ceux de la chimie-caoutchouc, de la pharmacie-parfumerie et des composants électriques et électroniques. Dans ces deux derniers secteurs, le commerce via l’EDI représente plus de 30 % du chiffre d’affaires.
Les achats par voie électronique plus répandus que les ventes
L’achat en ligne, via l’internet ou l’EDI, est plus répandu que la vente : 26 % des entreprises manufacturières de 10 salariés ou plus y ont recours, 24 % utilisant l’internet et seulement 4 % utilisant l’EDI.
Dans l’industrie manufacturière, le montant des achats via l’internet est estimé à 33 milliards d’euros, soit 6 % de l’ensemble des achats réalisés. Ce montant est équivalent à celui des entreprises du secteur du commerce. Les grandes entreprises sont plus enclines à acheter sur la Toile que les PME : 23 % des PME sont concernées, contre 36 % des entreprises de 500 à 999 salariés et 49 % des très grandes entreprises de 1 000 salariés ou plus.
En revanche, la taille n’est plus un facteur discriminant très significatif, si l’on tient compte de l’appartenance à un groupe, qui favorise le développement des achats sur l’internet. En effet, 29 % des entreprises de 10 à 49 salariés appartenant à un groupe achètent sur la Toile, contre seulement 31 % des entreprises indépendantes de 250 à 499 salariés.
Le montant des achats via l’internet effectués par les entreprises de 1 000 salariés ou plus s’élève à 24 milliards d’euros, soit presque les trois quarts des achats sur la Toile des entreprises manufacturières.
Les entreprises du secteur des équipements électriques et électroniques se distinguent par un fort recours aux achats via l’internet, qui représentent le quart de leurs achats globaux. Avec 10 milliards d’euros d’achats, ce secteur précède le secteur de l’automobile (5,4 milliards d’euros).
Les achats via l’EDI deux fois plus élevés que ceux effectués via l’internet
En utilisant le système plus ancien de l’EDI, les entreprises manufacturières réalisent 60 milliards d’euros d’achats en ligne, soit presque le double de leurs achats sur la Toile. Ce montant correspond à 11 % des achats globaux de l’industrie manufacturière. Les achats via l’EDI sont comparativement plus importants dans les secteurs du commerce, où ils correspondent à 25 % des achats globaux, soit 162 milliards d’euros.
L’EDI, à la différence de l’internet, reste l’outil des grandes entreprises. Le taux d’utilisation de l’EDI pour ces achats par les petites entreprises de 10 à 49 salariés est très marginal (1,8 %), de même que les montants concernés (1 % du chiffre d’affaires). Pour les entreprises moyennes de 50 à 249 salariés, le taux et la part des achats restent très faibles (6,5 % et 4 %). Les trois quarts du montant des achats via l'EDI, soit 44 milliards d’euros, proviennent des entreprises industrielles de 1 000 salariés ou plus.
L’appartenance à un groupe a cependant, là encore, un effet sensible sur le recours à l’EDI par les petites et moyennes entreprises, qui l’utilisent pour 3 % et 8 % d’entre elles. L’EDI est un outil lourd et coûteux imposé par les grandes entreprises avec lesquelles elles travaillent, notamment lorsqu’elles appartiennent à un groupe.
Au sein de l’industrie manufacturière, l’industrie automobile se distingue en réalisant 30 % de ses achats via l’EDI, soit un montant de 27 milliards d’euros. Cela s’explique par l’importance dans ce secteur de la sous-traitance et du réseau de concessionnaires. Dans l’aéronautique et les composants électriques et électroniques, la fréquence d’utilisation de l’EDI et sa part dans les achats sont également d’un niveau élevé, là encore du fait des relations entre donneurs d’ordres et sous-traitants. Les achats via l’EDI sont très marginaux dans l’habillement, le textile, le bois-papier et les produits minéraux.
Retard pris par la France en matière d’achat via l’internet
Avec 24 % des entreprises industrielles achetant sur la Toile début 2006, la France se situe nettement en dessous de la moyenne de l’UE-15 (37 % des entreprises). En Suède et au Royaume-Uni, les deux tiers des entreprises industrielles achètent des produits via l’internet. La moitié des entreprises industrielles allemandes font de même. Si le pourcentage d’entreprises pratiquant l’achat via l’internet a doublé entre 2002 et 2006, le pourcentage pour les achats via l’EDI est resté stable. Avec 4 % d’entreprises industrielles utilisant l’EDI pour acheter en ligne, la France se situe au niveau de l’Allemagne (5 %), mais loin derrière le Royaume-Uni (21 %).

{{Le « commerce électronique » : internet et EDI
Le terme « commerce électronique » recouvre les ventes ou achats de biens ou services effectués par voie électronique de bout en bout de la procédure (« computer mediated network »). Il s’agit de transactions commerciales utilisant soit l’internet (via un site sur la Toile), soit un système d’échanges de données informatisés (EDI) ou d’autres réseaux informatiques différents de l’internet.
L’EDI conventionnel automatise les échanges de données commerciales, logistiques ou financières entre partenaires, d’ordinateur à ordinateur, en structurant les messages selon un langage normalisé de référence (Edifact, etc.), grâce à un ensemble de matériels, de réseaux et de logiciels.
Ce système offre des avantages commerciaux (réduction des temps de saisie, des coûts directs ou cachés, des stocks) et concurrentiels (simplification des échanges, fidélisation des partenaires, optimisation de la chaîne de valeur).
Le concept de Web-EDI est une solution plus économique, bâtie sur les standards internet et EDI, destinée aux PME. Les transactions via cet outil relèvent du commerce via l’internet.
Les usages commerciaux en France de l’internet dans les entreprises comme chez les ménages et la comparaison avec les autres pays sont suivis dans le tableau de bord des TIC et du commerce électronique.}}
Source : Sessi - Ministère de l'industrie











Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.